
Homme discret au parcours atypique, le patron de la Fed résiste aux assauts de la Maison-Blanche. Sa défense de l’indépendance de la banque centrale lui vaut le soutien inédit de ses homologues du monde entier, dont le président de la BNS, Martin Schlegel
Jerome «Jay» Powell, président de la Réserve fédérale américaine (Fed) depuis 2018, s’est imposé comme l’une des rares figures capables de résister aux assauts de Donald Trump. Dimanche soir, il a offert une démonstration frappante de sa détermination. Dans une allocution vidéo au ton grave, il a dénoncé une procédure judiciaire sans précédent visant son institution, qualifiant de prétexte le coût des rénovations du siège de la Fed à Washington. Selon Jerome Powell, la véritable motivation de cette attaque est politique: la Réserve fédérale refuse d’appliquer les baisses de taux d’intérêt exigées par le président. Le dernier épisode d’un bras de fer qui l’oppose à Donald Trump depuis des mois.
Face à cette situation, le monde économique s’est mobilisé. Dans un communiqué conjoint publié mardi, les présidents des grandes banques centrales – dont Christine Lagarde pour la Banque centrale européenne et Martin Schlegel pour la Banque nationale suisse – ont exprimé leur «pleine solidarité» avec Jerome Powell. «Le président Powell a exercé ses fonctions avec intégrité, fidèle à son mandat et avec un engagement indéfectible envers l’intérêt public. Il est pour nous un collègue respecté, tenu en haute estime par tous ceux qui ont travaillé avec lui», affirment-ils, soulignant l’importance cruciale de l’indépendance des banques centrales.
Voir plus